Après un effet “rattrapage” en janvier, l’activité économique dans le Grand Est marque un net ralentissement en fin de premier trimestre 2026. Les données collectées dans le cadre du dispositif ImagePME de l’Ordre des Experts-Comptables révèlent une dégradation progressive sur le territoire, dans un contexte de pression sur les coûts et de visibilité réduite pour les entreprises.
Le Conseil régional de l’Ordre des Experts-Comptables du
Grand Est dévoile un point de conjoncture préoccupant pour le premier trimestre
2026, établi à partir des déclarations de TVA de plus de 49.000 établissements.
Si l’activité apparaît globalement stable en valeur sur un an, cette apparente résistance doit être nuancée
: elle ne tient pas compte de l’inflation (+1,7 % en mars, +2,2 % en avril
selon l’Insee), qui continue d’éroder les volumes.
Surtout, la dynamique du trimestre traduit un infléchissement
marqué. Après un mois de janvier dynamique, l’activité recule en février (-0,8
%) puis plus nettement en mars (-2,5 %), confirmant un essoufflement en fin de
période. Ce retournement progressif alimente des tensions croissantes sur les
trésoreries et renforce les inquiétudes des dirigeants quant aux mois à venir, d’autant
plus dans un contexte international délétère.
Dès le premier trimestre 2026, plusieurs secteurs passent
sous leur niveau d’activité de 2025, avec des indices de chiffre d’affaires en
recul : industries extractives (ICA 90,4), agriculture, sylviculture et pêche
(94,2), dont la viticulture (88,5), restauration traditionnelle (93,3), hébergement-restauration
(96,3), commerce de détail d’habillement (91,9), commerce de détail de meubles
(92,9), et de chaussures (92,3), travaux d’installation d’équipements
thermiques et de climatisation (95,4), ainsi que les activités d’architecture
(92,9).
À l’inverse, certains secteurs demeurent bien orientés :
commerce de voitures et de véhicules automobiles légers (106,3), activités
immobilières (106,6), construction de maisons individuelles (104,7), commerce
de détail de boissons en magasin spécialisé (109,7), horlogerie-bijouterie
(116,9), dans un contexte cependant de hausse des prix des matières premières liée
aux tensions géopolitiques avec l’Iran.
Ce début d’année met en
évidence une économie régionale qui résiste en apparence, mais dont les
fondamentaux se fragilisent.
